LUCIANA.-Allons, je veux me marier un jour, ne fût-ce que pour en essayer.-Mais voilà votre esclave qui revient; votre mari n'est pas loin.


(Entre Dromio d'Éphèse.)


ADRIANA.-Eh bien! ton maître tardif est-il sous la main 5?

DROMIO.-Vraiment, il est sous deux mains avec moi. C'est ce que peuvent attester mes deux oreilles.

Niote 5:

ADRIANA.-Dis-moi, lui as-tu parlé? sais-tu son intention?

DROMIO.-Oui, oui; il a expliqué son intention sur mon oreille. Maudite soit sa main; j'ai eu peine à la comprendre!

LUCIANA.-A-t-il donc parle d'une manière si équivoque, que tu n'aies pu sentir sa pensée?

DROMIO.-Oh! il a parlé si clair, que je n'ai senti que trop bien ses coups; et malgré cela si confusément, que je les ai à peine compris 6.

Niote 6:

ADRIANA.-Mais, dis-moi, je te prie, est-il en chemin pour revenir au logis? Il paraît qu'il se soucie bien de plaire à sa femme!

DROMIO.-Tenez, ma maîtresse, mon maître est sûrement de l'ordre du croissant.

ADRIANA.-De l'ordre du croissant, coquin!

DROMIO.-Je ne veux pas dire qu'il soit déshonoré; mais, certes, il est tout à fait lunatique 7.-Quand je l'ai pressé de venir dîner, il m'a redemandé mille marcs d'or.-Il est temps de dîner, lui ai-je dit.-Mon or, a-t-il répondu.-Vos viandes brûlent, ai-je dit.-Mon or, a-t-il dit.-Allez-vous venir? ai-je dit.-Mon or, a-t-il dit, où sont les mille marcs que je t'ai donnés, scélérat?-Le cochon de lait, ai-je dit, est tout brûlé.-Mon or, dit-il.-Ma maîtresse, monsieur, ai-je dit.-Qu'elle aille se pendre ta maîtresse! je ne connais point ta maîtresse! au diable ta maîtresse!



14 из 61