ANGELO.-Monsieur Antipholus?

ANTIPHOLUS.-Oui, c'est là mon nom.

ANGELO.-Je le sais bien, monsieur. Tenez, voilà la chaîne. Je croyais vous trouver au Porc-Épic: la chaîne n'était pas encore finie; c'est ce qui m'a retardé si longtemps.

ANTIPHOLUS.-Que voulez-vous que je fasse de cela?

ANGELO.-Ce qu'il vous plaira, monsieur; je l'ai faite pour vous.

ANTIPHOLUS.-Faite pour moi, monsieur! Je ne vous l'ai pas commandée.

ANGELO.-Pas une fois, pas deux fois, mais vingt fois: allez, rentrez au logis, et faites la cour à votre femme avec ce cadeau; et bientôt, à l'heure du souper, je viendrai vous voir et recevoir l'argent de ma chaîne.

ANTIPHOLUS.-Je vous prie, monsieur, de recevoir l'argent à l'instant, de peur que vous ne revoyiez plus ni chaîne ni argent.

ANGELO.-Vous êtes jovial, monsieur: adieu, à tantôt.


(Il sort.)


ANTIPHOLUS.-Il m'est impossible de dire ce que je dois penser de tout ceci; mais ce que je sais du moins fort bien, c'est qu'il n'est point d'homme assez sot pour refuser une si belle chaîne qu'on lui offre. Je vois qu'ici un homme n'a pas besoin de se tourmenter pour vivre, puisqu'on fait dans les rues de si riches présents. Je vais aller à la place du Marché, et attendre là Dromio; si quelque vaisseau met à la voile, je pars aussitôt.

Fin du troisième acte

ACTE QUATRIÈME

SCÈNE I

La scène se passe dans la rue.


UN MARCHAND, ANGELO, UN OFFICIER DE JUSTICE.


LE MARCHAND, à Angelo.-Vous savez que la somme est due depuis la Pentecôte, et que depuis ce temps je ne vous ai pas beaucoup importuné; je ne le ferais pas même encore, si je n'allais pas partir pour la Perse, et que je n'eusse pas besoin de guilders 19 pour mon voyage: ainsi satisfaites-moi sur-le-champ, ou je vous fais arrêter par cet officier.



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