Niote 23:

Niote 24:

ADRIANA.-Comment! de quoi s'agit-il?

DROMIO.-Je ne sais pas de quoi il s'agit; mais il est arrêté pour cette affaire 25.

Niote 25:

ADRIANA.-Quoi! il est arrêté? Dis-moi, à la requête de qui?

DROMIO.-Je ne sais pas bien à la requête de qui il est arrêté; mais, tout ce que je puis dire, c'est que celui qui l'a arrêté est vêtu d'un surtout de buffle. Voulez-vous, madame, lui envoyer de quoi se racheter; l'argent qui est dans le pupitre?

ADRIANA.-Va le chercher, ma soeur.-(Luciana sort.) Cela m'étonne bien qu'il se trouve avoir des dettes qui me soient inconnues. Dis-moi, l'a-t-on arrêté sur un billet?

DROMIO.-Non pas sur un billet 26, mais à propos de quelque chose de plus fort; une chaîne, une chaîne: ne l'entendez-vous pas sonner?

Niote 26:

ADRIANA.-Quoi! la chaîne?…

DROMIO.-Non, non; la cloche. Il serait temps que je fusse parti d'ici; il était deux heures quand je l'ai quitté, et voilà l'horloge qui sonne une heure.

ADRIANA.-Les heures reculeraient donc? Je ne l'ai jamais entendu dire.

DROMIO.-Oh! oui, vraiment; quand une des heures rencontre un sergent, elle recule de peur.

ADRIANA.-Comme si le temps était endetté! tu raisonnes en vrai fou.

DROMIO.-Le temps est un vrai banqueroutier, et il doit à l'occasion plus qu'il n'a vaillant. Et, c'est un voleur aussi: n'avez-vous donc pas ouï dire que le temps s'avance comme un voleur jour et nuit? Si le temps est endetté, et qu'il soit un voleur, et qu'il trouve sur son chemin un sergent, n'a-t-il pas raison de reculer d'une heure dans un jour?

ADRIANA.-Cours, Dromio, voilà l'argent; (Luciana revient avec la bourse) porte-le bien vite, et ramène ton maître immédiatement au logis. Venez, ma soeur, je suis atterrée par mon imagination; mon imagination, qui tantôt me console et tantôt me tourmente!



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