
Il lui embrassa la main.
« ... mais elle coucha avec le pédicure, n'estimant point autant que vous les choses de l'esprit. S'aperçut alors que le pp'etit grand-père la battait. Pas un mot, inutile : les voilà partis.
« Le plaqué, tout méchant, parcourt ses vastes salles (toujours avec les confrères dessous), se déclare bafoué par les deux turlupins qui s'en démettaient les reins au chef-lieu, dans une auberge à la Gogol, avec un pot à eau ébréché et des berlines dans la cour. Il décroche le gi-gan-tes-que cor de chasse, ne parvient pas à souffler dedans et envoie l'intendant battre le rappel de ses paysans. (Il avait encore des droits, dans ce temps-là). Il les arme : cinq fusils de chasse, deux pistolets. Mais, chère amie, ils étaient trop !
« Alors on déménage le château : voilà mes croquants en marche - imaginez, i-ma-gi-nez, vous dis-je ! - armés de fleurets, d'arquebuses, de machines à rouet, que sais-je ? de rapières et de colichemardes, grand-père en tête, vers le chef-lieu : la vengeance poursuivant le crime. On les annonce. Arrive le garde champêtre, avecque des gendarmes. Tableau ma-gni-fi-que !
- Et donc ?
- Rien. On leur a pris leurs armes. Le grand-père est quand même venu à la ville, mais les coupables avaient quitté en vitesse l'auberge Gogol, dans l'une des berlines poussiéreuses. Il a remplacé l'écuyère par une paysanne, le pédicure par un autre, et s'est saoulé avec le secrétaire. De temps en temps, il travaillait à un de ses pp'etits testaments...
- À qui a-t-il laissé l'argent ?
- Question sans intérêt, chère amie. Mais, quand il est mort,
les yeux écarquillés :
« ... on a tout su, tout ce qu'il mijotait comme ça, en se faisant gratter les pieds et lire les chroniques, ivre-noble ! On lui a obéi : on l'a enterré sous la chapelle, dans un immense caveau, debout sur son cheval tué, comme Attila...
Le chahut du jazz cessa. Clappique continua, beaucoup moins Polichinelle, comme si sa pitrerie eût été adoucie par le silence :
