
J’insiste pas. Me résigne à bloc. Juste que je récite un brin de prière dans un coin d’âme pour implorer le Seigneur que mon calvaire s’achève. S’Il consentait seulement à allumer un début d’incendie quelque part, manière qu’on s’évacue dare-dare. J’ai hâte de m’asseoir, de commander une assiette anglaise, de poser mon soulier droit biscotte la jeune connasse fourbue m’a ankylosé les arpions.
En plus faut se déménager les miches rapidos pour permettre les mouvements de caméras, vu que la télé romande retransmet urbi et orbi « l’événement » ! Alors t’as les assistants coiffés d’énormes écouteurs qui, soudain pris de frénésie, te chargent comme des C.R.S. chiliens un soir de manif à Santiago. Au sommet de leurs praticables télescopiques à roulettes, les cadreurs ressemblent à des automates sur leur socle à musique. On reflue, puis on flue. Les hommes, c’est kif-kif les poissons. Tu lances une pierre dans un banc de goujons, ça se disperse. Et immédiatement ça se regroupe. Les poissecailles reviennent voir de quoi il s’agite. Ils veulent savoir. Le nombre d’hommes et de poissons morts de curiosité n’est pas envisageable.
Et bon, on nous présente « Frankie goes to Hollywood », ce qui me redonne espoir vu qu’ils sont écrits en plus gros sur le programme. Or, les vedettes terminent généralement le spectacle. Mais va-t’en savoir avec les nouvelles mœurs.
La fille aux dents écartées est de nouveau à mon côté malgré le malaxage de foule. Une tenace. Sa dextre s’empare de ma braguette. Oh ! bon, après tout, si ça l’amuse, hein ? Qu’elle préfère mon paf à Frankie goes to Hollywood, c’est plutôt flatteur, tu ne trouves pas ?
