
Rincevent posa sur lui un regard vide. « Je crois qu’on devrait redescendre maintenant, dit-il d’une voix blanche. Ils sont tous partis. »
Traînant Deuxfleurs, il traversa la salle encombrée de débris et grimpa l’escalier. Ils émergèrent dans les tout derniers instants de la nuit. Il restait encore quelques étoiles mais la lune était couchée, et une faible lueur grise grandissait en direction du Bord. Plus important, la rue était déserte.
Rincevent renifla. « Vous ne sentez pas comme une odeur d’huile, vous ? » demanda-t-il.
C’est alors que Withel sortit de l’ombre et lui fit un croche-pied.
* * *
Au sommet de l’escalier de sa cave, Dularge s’agenouilla et farfouilla dans sa boîte d’amadou. Elle était humide.
« Je vais le tuer, ce salaud de chat », grommela-t-il, puis il chercha à tâtons la boîte de secours normalement posée sur le rebord près de la porte. Elle ne s’y trouvait pas. Le tavernier lâcha un gros mot.
Une bougie allumée apparut à mi-hauteur, tout près de lui.
« TENEZ, PRENEZ ÇA.
— Merci, fit Dularge.
— JE VOUS EN PRIE. »
Dularge allait lancer la bougie en bas des marches. Sa main s’arrêta à mi-course. Il regarda la bougie, les sourcils froncés, puis il se retourna et la leva pour éclairer la scène. Elle ne donnait pas beaucoup de lumière, mais elle fit quand même apparaître une forme dans le noir…
« Oh, non… souffla-t-il.
— Eh, si », fit la Mort.
* * *
Rincevent roula par terre.
L’espace d’un instant, il crut que Withel allait l’embrocher sur place. Mais c’était pire. L’autre attendait qu’il se relève. « À ce que je vois, tu as une épée, le mage, dit-il tranquillement. Je te suggère de te remettre debout, on va voir comment tu t’en sers. »
