
Terry Pratchett
La huitième fille
Merci à Neil Gaiman, qui nous a prêté le dernier exemplaire rescapé du Liber Paginarum Fulvarum et un grand bonjour à tous les jeunes du H. P. Lovecraft Holiday Fun Club.
Je voudrais qu’il soit bien entendu que ce livre n’est pas farfelu. Seules les rouquines idiotes dans les sitcoms des années cinquante sont farfelues.
Non, il n’est pas loufoque non plus.
La présente histoire parle de magie : où va-t-elle ? et, principalement, d’où vient-elle et pourquoi ? Mais elle ne prétend pas pour autant répondre à tout ou partie de ces questions.
Peut-être permettra-t-elle, cependant, d’expliquer pourquoi Gandalf ne s’est jamais marié et pourquoi Merlin était un homme. Parce que la présente histoire parle aussi de sexe, mais probablement pas dans le sens athlétique, acrobatique, comptez-les-jambes-et-divisez-par-deux du terme, à moins que les personnages n’échappent totalement au contrôle de l’auteur. Ils en seraient parfaitement capables.
En tout cas la présente histoire parle surtout d’un monde. Le voici qui arrive. Ouvrez bien les yeux, les effets spéciaux sont hors de prix.
Une note grave retentit. Un accord, plutôt, profond, vibrant, qui présage une entrée en fanfare de la section des cuivres en l’honneur du cosmos, car la scène a pour cadre l’immensité noire de l’espace où quelques étoiles scintillent telles les pellicules sur les épaules de Dieu.
Elle apparaît alors, plus grosse que le plus gros, le plus méchamment armé des croiseurs stellaires issus de l’imagination d’un réalisateur de films à grand spectacle : une tortue, longue de quinze mille kilomètres. C’est la Grande A’Tuin, l’un des rares astrochéloniens d’un univers où les choses sont moins que ce qu’elles sont et davantage que ce qu’on croit, et elle porte sur sa carapace grêlée de cratères météoritiques quatre éléphants géants qui soutiennent à leur tour sur leurs monstrueuses épaules la grande roue circulaire du Disque-monde.
