Le Chancelier Adolf Hitler passe lentement devant eux. Il porte un long manteau de cuir, et il tient sa casquette à la main. Ses cheveux mouillés paraissent encore plus noirs. Hierl, secrétaire d’État et Führer du R.A.D., est avec lui. Il marche quelques pas en arrière, silhouette enveloppée comme celle du Chancelier dans un manteau long qui étonne, car, malgré l’humidité, il fait chaud, lourd, étouffant. Derrière les deux hommes, il y a Brückner, Dietrich, Schaub.

Bientôt les jeunes hommes s’élancent devant le Chancelier du Reich : les exercices de gymnastique font virevolter leurs corps. D’autres chantent en choeur, d’autres récitent des poèmes à la gloire de l’Allemagne nazie. Les chefs du parti regardent : la jeunesse est là devant eux, dans la fête de ses muscles, la jeunesse qu’ils ont entraînée avec eux.

Pourtant Hitler parait soucieux. Il salue à peine le docteur Decker quand le cortège officiel quitte l’École, ses baraques décorées de guirlandes et ses stagiaires qui crient leurs Heil sonores et joyeux.

De Schloss Buddenberg on est passé au camp d’Olfen : même cérémonial, mêmes corps tendus dans la joie de la discipline physique et de la certitude morale. Devant les groupes formés en rectangle parfait, Hitler parle à voix basse à son aide de camp, des hommes courent Brückner donne des ordres. L’inspection est interrompue. Le Chancelier ne visitera pas les camps 210 et 211, il ne verra pas les travaux que les volontaires du R.A.D. ont entrepris sur la rivière Niers. Hierl s’y rendra. Brusquement le Führer vient de se décider à réunir une conférence à Godesberg. C’est Brückner qui choisit l’hôtel Dreesen,

Les dignitaires s’engouffrent dans les voitures. On reconnaît le Docteur Ley, le Führer du Front du Travail, Marrenbach, son aide de camp, et aussi le Docteur Dietrich, chef du service de presse du Chancelier.



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