
Brückner, tout en se penchant vers la voiture, jette un regard circulaire sur la petite foule où Walter Breitmann, immobile, le bras tendu, attend. Maintenant Wilhelm Brückner ouvre la portière et Adolf Hitler descend à son tour. Les cris, les acclamations redoublent le Chancelier salue, le bras à demi levé ; le visage est sévère, il monte rapidement les quelques marches.
Le propriétaire de l’hôtel Dreesen le suit cependant que les portières des autres voitures claquent et que la première déjà, celle d’où est descendu Hitler, démarre lentement et va se ranger quelques dizaines de mètres plus loin. L’Oberleutnant Wilhelm Brûckner parle au propriétaire : Walter Breitmann observe la haute stature du nazi, sanglé dans son uniforme. Le propriétaire s’excuse par avance : on ne l’a prévenu qu’il y a quelques heures.
Le Führer visitait les camps de travail, une grande tournée d’inspection à travers tout le Gau du Rhin inférieur et de la Westphalie. Il avait rendu visite à l’École régionale des cadres du R.A.D. (Service du Travail du Reich) à Schloss Buddenberg près de Lunen.
Il pleut sur Schloss Buddenberg, une pluie d’été, agréable, pareille à une vapeur tiède. C’est le matin, vers 10 heures, la foule est là, massée, elle crie, Heil, Sieg Heil, elle entoure la voiture découverte du Führer qui serre des mains de tous côtés, souriant. Quand la voiture s’arrête devant le bâtiment central de l’École, le directeur, le docteur Decker s’avance et souhaite la bienvenue. La pluie à ce moment a presque cessé : des flaques, l’herbe humide, une odeur de terre mouillée la rappellent encore.
Des centaines de jeunes gens sont là, les muscles tendus, leurs torses et leurs jambes nus, bronzés, luisants de sueur et de pluie, maigres et virils, les tempes et les nuques rasées, tendant leurs bras presque à l’horizontale pour le salut hitlérien.
