
– Qu’est-ce qu’il faut encore?
– Mais, mon enfant, que veux-tu que je te dise? Il faut de la confiance, du soutien, de l’amour…
– Qu’appelles-tu du soutien? interrompit Alissa.
– L’affection et l’estime qui m’ont manqué, répondit tristement mon oncle; puis leur voix définitivement se perdit.
Au moment de ma prière du soir, j’eus des remords de mon indiscrétion involontaire, et me promis de m’en accuser à ma cousine. Peut-être que cette fois la curiosité d’en savoir un peu plus s’y mêlait.
Aux premiers mots que je lui dis le lendemain:
– Mais Jérôme, c’est très mal d’écouter ainsi. Tu devais nous avertir ou t’en aller.
– Je t’assure que je n’écoutais pas… que j’entendais sans le vouloir… Puis vous ne faisiez que passer.
– Nous marchions lentement.
– Oui, mais je n’entendais qu’à peine. J’ai cessé de vous entendre aussitôt… Dis, que t’a répondu mon oncle quand tu lui as demandé ce qu’il fallait pour réussir?
– Jérôme, dit-elle en riant, tu l’as parfaitement entendu! Tu t’amuses à me le faire redire.
– Je t’assure que je n’ai entendu que le commencement… quand il parlait de confiance et d’amour.
– Il a dit, après, qu’il fallait beaucoup d’autres choses.
– Mais toi, qu’est-ce que tu avais répondu?
Elle devint tout à coup très grave:
– Quand il a parlé de soutien dans la vie, j’ai répondu que tu avais ta mère.
– Oh! Alissa, tu sais bien que je ne l’aurai pas toujours… Et puis ce n’est pas la même chose…
Elle baissa le front:
– C’est aussi ce qu’il m’a répondu.
Je lui pris la main en tremblant.
– Tout ce que je serai plus tard, c’est pour toi que je le veux être.
– Mais, Jérôme, moi aussi je peux te quitter.
Mon âme entrait dans mes paroles:
