Une allée étroite menait de la gare au musée. Déjà touchés par l’automne, les beaux érables bruissaient sous les bourrasques du vent de septembre. Anton Pétrovitch serra sa pèlerine et, consultant sa montre, pressa le pas : il était neuf heures moins trois. Un homme était assis sur le banc devant la porte. « Un visiteur matinal », se dit Sorokine. Quand il fut à sa hauteur, l’homme se leva et, soulevant son chapeau, demanda :

— Pardon, vous êtes le directeur du musée ?

— Oui.

— Parfait ! J’en suis ravi. J’ai beaucoup entendu parler de vous, cher Anton Pétrovitch.

— Enchanté. Sorokine faillit gémir, tant la poignée de main du visiteur était vigoureuse.

— Permettez que je me présente, sourit le visiteur. Georges Stretton, ingénieur-constructeur du polygone d’Edimbourg. J’aimerais visiter l’astronef du commandant Ramo. C’est le schéma de commande du vaisseau qui m’intéresse…

— Eh bien, je vous en prie, dit Anton Pétrovitch, ouvrant la porte.

Marchant à grands pas, le visiteur parlait des travaux du centre astronautique d’Edimbourg, de son voyage pour venir au musée. Anton Pétrovitch crut déceler dans sa voix de basse quelque chose d’artificiel, mais il n’arrivait pas à comprendre quoi exactement. La silhouette et le visage du visiteur respiraient la santé.

— Qu’est-ce qu’il y a, Rob ? demanda le directeur à l’immense personnage sphérique qui barrait le passage à Stretton.

Le robot grommela d’une façon inintelligible. Ses yeux photocellulaires fixaient le visiteur matinal.

— Qu’est-ce que tu as ? s’étonna Anton Pétrovitch. Va donc remettre en ordre l’aire de Maillechort. Et tout de suite, ajouta-t-il, voyant que le robot hésitait.

Le robot s’en fut maladroitement exécuter l’ordre reçu.

— Je ne vois pas ce qui a pu arriver à Rob, dit le directeur à Stretton sur un ton d’excuse. Il est toujours au plus haut point consciencieux. C’est peut-être l’effet de l’automne…



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