— Possible, acquiesça rapidement Stretton.

Peu après, Anton Pétrovitch et Stretton s’approchèrent d’un colossal astronef posé sur des stabilisateurs verticaux. Tel Gulliver, il s’élevait au milieu de ses confrères. Les lignes nobles du vaisseau se dessinaient nettement sur le ciel. Ses flancs de titane, ternis par le souffle glacé du cosmos, semblaient être la peau d’un monstre extraordinaire.

Dès qu’Anton Pétrovitch referma la portière et mit en marche l’ascenseur pneumatique, les questions se mirent à pleuvoir. Stretton s’avéra être un visiteur extrêmement avide de savoir. Absolument tout l’intéressait. Comment s’effectue la surveillance au radar ? Comment fonctionne le tableau de commande ? Comment le commandant Ramo avait-il pu piloter seul le vaisseau vers Jupiter ? Sorokine et Stretton parcouraient les cabines et les compartiments, mais le flux de questions ne tarissait pas. Or, les climatiseurs n’avaient pas été mis en marche depuis plusieurs années, et l’air sentait le renfermé. Le directeur éprouva une sensation d’étouffement et regarda à la dérobée Stretton. On avait l’impression que cela ne préoccupait nullement l’ingénieur d’Edimbourg : il articulait des phrases rapides dans son dictaphone, palpait les appareils, examinait les moindres recoins.

« Il est infatigable », pensa le directeur.

— Si on se reposait un peu ? dit-il en essuyant une sueur abondante.

— Pardonnez-moi, je crois avoir exagéré, s’arrêta Stretton, confus. Son visage se couvrit aussitôt de grosses gouttes de sueur.

Anton Pétrovitch s’assit sur le siège du navigateur. Stretton vint près du tableau. Il examinait attentivement les appareils. Puis, s’assurant que le directeur ne le regardait pas, il fourra rapidement dans sa poche un rouleau d’étroites bandes de papier couvertes de chiffres.

Le vaisseau produisait une impression bizarre ! Les visiteurs ne s’intéressaient pas au Cardan, allez savoir pourquoi.



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