Arnaldur Indridason

Erlendur Sveinsson – 9

LA RIVIÈRE NOIRE

Traduit de l’islandais

par Éric Boury

Éditions Métailié

Titre original :

Myrká

©Arnaldur Indridason, 2008

Publishedby agreement with Forlagid, www.forlagid.is

©Éditions Métailié, Paris, 2011

ISBN : 978-2-86424-777-7

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Il enfila un jeans noir, une chemise blanche et une vesteconfortable, mit ses chaussures les plus élégantes, achetées trois ans plustôt, et réfléchit aux lieux de distraction que l’une de ces femmes avaitévoqués.

Il se prépara deux cocktails assez forts qu’il but devant latélévision en attendant le moment adéquat pour descendre en ville. Il nevoulait pas sortir trop tôt. S’il s’attardait dans les bars encore presque vides,quelqu’un remarquerait sa présence. Il préférait ne pas courir ce risque. Leplus important c’était de se fondre dans la foule, il ne fallait pas quequelqu’un s’interroge ou s’étonne, il devait n’être qu’un client anonyme. Aucundétail de son apparence ne devait le rendre mémorable ; il voulait éviterde se distinguer des autres. Si, par le plus grand des hasards, on lui posaitensuite des questions, il répondrait simplement qu’il avait passé la soiréeseul chez lui à regarder la télé. Si tout allait comme prévu, personne ne serappellerait l’avoir croisé où que ce soit.

Le moment venu, il termina son deuxième verre puis sortit dechez lui, très légèrement éméché. Il habitait à deux pas du centre-ville.Marchant dans la nuit de l’automne, il se dirigea vers le premier bar. La villegrouillait déjà de gens venus chercher leur distraction de fin de semaine. Desfiles d’attente commençaient à se former devant les établissements les plus envogue. Les videurs bombaient le torse et les gens les priaient de les laisserentrer. De la musique descendait jusque dans les rues. Les odeurs de cuisinedes restaurants se mêlaient à celle de l’alcool qui coulait dans les bars.Certains étaient plus soûls que d’autres. Ceux-là lui donnaient la nausée.



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