
Elle avait pensé à l’homme du quartier de Thingholt toute lasoirée. Même si elle l’avait voulu, elle n’aurait pu décrire à ses fils cequ’elle avait vu. La victime avait été égorgée, les meubles du salon étaientmaculés de sang. On attendait le rapport détaillé du médecin légiste. La policepensait que l’agresseur avait agi avec préméditation : il était venu surles lieux dans le but précis de s’en prendre à cet homme. On n’avait pasvraiment décelé de traces de lutte. La blessure semblait avoir été pratiquéeavec assurance en travers de la gorge, à l’endroit exact où elle causerait leplus de dégâts. Le cou de la victime portait également d’autres entailles, cequi semblait indiquer que son agresseur l’avait maintenue immobile un certaintemps. Il était très probable que l’agression avait été rapide et que l’hommeavait été attaqué par surprise. La porte de l’appartement n’avait pas étéforcée, ce qui pouvait signifier qu’il avait ouvert à son assassin. Cependant,il était également envisageable qu’une personne l’ait accompagné chez lui ousoit venue lui rendre visite et qu’elle l’ait attaqué de cette manière ignoble.Apparemment, rien n’avait été dérobé et aucun objet n’avait été renversé. Ilétait peu probable qu’il s’agisse de cambrioleurs, même si on ne pouvait pasexclure l’hypothèse qu’il les ait surpris, avec les conséquences que l’on sait.
Le corps de la victime s’était pour ainsi dire vidé de sonsang, lequel avait séché sur le sol de l’appartement. Ce détail indiquait queson cœur avait continué de battre et qu’elle avait continué de vivre pendant uncertain temps après l’agression.
Elinborg n’avait pu envisager de cuire à la poêle du musclede bœuf après avoir vu ça, même s’il lui avait fallu essuyer les reproches de sonfils aîné.
