
Il arrivait qu’Elinborg parle de ses collègues à Teddi quandelle pensait que les enfants ne l’entendaient pas. Ces derniers savaientcependant que l’un d’eux s’appelait Erlendur. Cet homme leur paraissait un peuénigmatique : parfois, ils avaient l’impression que leur mère n’avait aucuneenvie de travailler avec lui, parfois, il leur semblait qu’elle ne pouvait sepasser de sa présence. Les gamins l’avaient bien souvent entendue s’étonner devoir qu’un aussi mauvais père de famille, solitaire et rigide, puisse êtreaussi bon policier. Elle l’admirait dans son travail, même si l’homme ne luiplaisait pas toujours. Un autre qu’elle mentionnait à l’oreille de Teddis’appelait Sigurdur Oli. C’était apparemment un drôle d’oiseau, d’après ce queles enfants avaient compris. Quand son nom venait dans la conversation, leurmère poussait souvent un profond soupir.
Elinborg était sur le point de s’endormir quand elleentendit du bruit dans le couloir. Toute la famille était au lit à l’exceptiondu fils aîné, toujours devant son ordinateur. Elle ignorait s’il était en trainde faire ses devoirs ou s’il traînait sur les forums de discussion et autresblogs. Il ne s’endormirait sans doute qu’au milieu de la nuit. Valthor avaitdes horaires tout à fait personnels, il se couchait au petit matin et dormait régulièrementjusqu’au soir quand la chose était possible. C’était pour Elinborg une sourced’inquiétude. Elle savait cependant qu’il était inutile d’en discuter avec lui.Elle avait essayé à maintes reprises, mais il s’était montré désagréable etintransigeant quant à son indépendance.
