
— En effet, je l’ai aperçu qui marchait dans la rue. Cedevait être vers onze heures. Ensuite, je ne l’ai pas revu.
— Vous n’avez pas remarqué à quel moment il estrentré ?
— Non, j’étais sans doute déjà endormi.
— Donc, vous ne savez pas s’il est revenu seul ouaccompagné ?
— Non.
— Runolfur n’avait pas de compagne, n’est-ce pas ?
— Non, pas plus que de compagnon, d’ailleurs, précisale propriétaire avec un étrange sourire.
— Et cela n’a jamais été le cas tout le temps que vouslui avez loué cet appartement ?
— Non.
— Mais vous savez peut-être s’il avait des amies à quiil arrivait de venir passer la nuit ?
Le propriétaire se gratta le crâne. La scène se passait autout début de l’après-midi. Tranquillement assis dans le canapé face àElinborg, il venait de déguster de la saucisse de cheval dont elle avait vu lesrestes sur une assiette dans la cuisine. Une forte odeur de cuisson stagnaitdans l’appartement et Elinborg craignait qu’elle ne s’incruste dans le manteautout neuf qu’elle venait de s’acheter en solde. Elle préférait ne pas trops’attarder ici.
— Eh bien, pas vraiment, répondit le propriétaire. Jecrois bien ne l’avoir jamais vu en galante compagnie. Autant que je mesouvienne.
— Vous ne le connaissiez pas très bien, n’est-cepas ?
— Non. J’ai vite compris qu’il voulait qu’on le laissetranquille, qu’il préférait sa solitude. Par conséquent… nous n’avions que peude relations.
Elinborg se leva. Elle aperçut Sigurdur Oli qui parlait avecles voisins, à la porte d’entrée de la maison d’en face. D’autres policiersavaient été chargés d’interroger les habitants du quartier.
— Quand pourrai-je faire récurer cet appartement ?s’enquit le bailleur.
— Sous peu, répondit Elinborg. Nous vous tiendrons aucourant.
Le corps de Runolfur avait été enlevé dès la veille au soir,mais la Scientifique n’en avait pas encore terminé au moment où Elinborg et
