Sigurdur Oli étaient passés le lendemain matin. L’appartement étaitmanifestement celui d’un jeune homme soigneux qui avait à cœur de se constituerun environnement aussi chaleureux qu’agréable. Il avait même été jusqu’à poserdes plaques de protection au bas des murs, ce qui n’était pas fréquent chez lesjeunes, il avait également placé un joli tapis sur le parquet, un canapé et desfauteuils assortis. La salle de bain était petite, mais sans faute de goût ;la chambre était meublée d’un grand lit et on ne voyait pas la moindre tachedans la cuisine, ouverte sur le salon. Il n’y avait pas de livres, pas plus quede photos de famille, mais un grand écran plat et trois affiches de filmsencadrées : Spiderman, Superman et Batman. Sur l’unedes tables trônaient d’imposantes figurines représentant divers super-héros debandes dessinées.

— Où étiez-vous donc quand c’est arrivé ? leurreprocha Elinborg tandis qu’elle promenait son regard sur les affiches.

— Pas mal du tout, observa Sigurdur Oli devant lesposters.

— Ces films-là sont un ramassis d’imbécillités,non ? répondit Elinborg.

Sigurdur Oli se baissa vers la chaîne hi-fi apparemmentrécente. À côté étaient posés un téléphone portable et un iPod.

— Un Nano, observa Sigurdur Oli. Le meilleur, toutsimplement.

— Ce truc tout fin ? renvoya Elinborg. Mon filscadet affirme que c’est bon pour les tapettes. Je ne vois pas trop ce qu’ilentend par là, je n’y connais rien.

— Ça ne m’étonne pas de toi, répondit Sigurdur Oli touten se mouchant.

Il n’était pas de la meilleure humeur, se débattant depuisun certain temps avec une grippe tenace.

— Tu y vois quelque chose à redire ? rétorquaElinborg tandis qu’elle ouvrit le réfrigérateur.

L’indigence de l’intérieur n’attestait pas de grandesprouesses culinaires de la part de son propriétaire. On y trouvait une bananeet un poivron, des fromages, de la confiture, du beurre de cacahuète importéd’Amérique, des œufs et une brique de lait écrémé ouverte.



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