— Il est réellement sorti s’amuser avec du Rohypnoldans sa poche ? interrogea Elinborg, pensive.

— Il semble qu’il ait eu un rapport sexuel juste avantde mourir, répondit le gars de la Scientifique. Nous pensons que la capote quenous avons trouvée lui appartenait. Il la portait quasiment sur lui, maisl’autopsie nous confirmera tout ça.

— La drogue du viol, répéta Elinborg. Soudain, unerécente affaire de viol sur laquelle elle avait enquêté et où ce produit avaitété évoqué lui revint en mémoire.

Un brave homme qui longeait en voiture la rue Nybylavegur àKopavogur avait aperçu une jeune femme de vingt-six ans et légèrement vêtue quivomissait sur l’accotement. Celle-ci avait été incapable de lui dire d’où ellevenait et ne se rappelait pas non plus où elle avait passé la nuit. Elle avaitdemandé au conducteur qui avait eu pitié d’elle de la ramener à son domicile.Elle était dans un tel état qu’il avait voulu l’emmener directement auxurgences, mais elle lui avait répondu que c’était inutile.

Cette femme n’avait aucune idée de ce qu’elle faisait surNybylavegur. Elle s’était couchée dès son retour chez elle et avait dormi toutela journée. Au réveil, elle était toute courbatue. Son sexe la brûlait, sesgenoux étaient à vif, mais elle ne se souvenait toujours pas des événements dela nuit précédente. Il ne lui était jamais arrivé de perdre la mémoire aprèsavoir abusé de l’alcool et, même si elle ne parvenait pas à se rappelerl’endroit où elle avait passé la nuit, elle était certaine de n’avoir pas bu enquantité déraisonnable. Elle avait pris une longue douche pour se nettoyer soustoutes les coutures. L’une de ses amies l’avait appelée dans l’après-midi pourlui demander où elle était passée. Elles étaient sorties à trois pour s’amuserce soir-là et la jeune femme avait perdu de vue les deux autres. Son amie luiavait expliqué qu’elle l’avait vue partir en compagnie d’un inconnu.

— Ouah, avait-elle observé, je n’en ai pas le moindresouvenir. Je ne me rappelle pas ce qui s’est passé.



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