— Qui était-ce ? lui avait demandé son amie.

— Aucune idée.

Les deux jeunes femmes avaient discuté un long moment et peuà peu, elle s’était souvenu qu’elle avait effectivement rencontré un homme quilui avait payé un verre. Elle ne le connaissait pas et ne se rappelait que trèsconfusément son apparence, mais elle l’avait trouvé sympathique. Elle avait àpeine vidé son verre qu’un autre était apparu sur la table. Elle s’étaitabsentée aux toilettes et, à son retour, l’inconnu lui avait proposé d’allerailleurs. C’était le dernier souvenir qu’elle conservait de cette soirée.

— Où es-tu allée avec lui ? lui avait demandé sonamie.

— Je ne sais pas. Je… enfin…

— Et tu ne le connaissais pas du tout ?

— Non.

— Tu crois qu’il aurait versé quelque chose dans tonverre ?

— Dans mon verre ?

— Eh bien, étant donné que tu as tout oublié. Tu saisqu’il existe ce genre de…

Son amie avait hésité.

— … ce genre de violeurs.

Un peu plus tard, son amie l’avait accompagnée à l’accueild’urgence pour les victimes de viols à l’Hôpital national de Fossvogur. Aumoment où l’enquête avait été confiée à Elinborg, la jeune femme étaitconvaincue d’avoir été violée par l’inconnu du bar. L’examen médical révélaqu’elle avait eu un rapport sexuel au cours de la nuit, mais aucune trace decette saleté n’avait été décelée dans son sang. Il ne fallait pas s’enétonner : la substance la plus fréquemment utilisée par les violeurs, leRohypnol, disparaissait de l’organisme en l’espace de quelques heures.

Elinborg lui avait présenté des photos de violeurs condamnésdans le passé, mais elle n’en avait reconnu aucun. Elle l’avait accompagnée aubar où cet inconnu l’avait abordée, mais le personnel n’avait gardé souvenir nide la jeune femme ni de l’homme qu’elle était censée y avoir rencontré.



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