
À cause de ce conflit, je suggèrequ’elle essaie de se consacrer à quelque chose qui n’implique pas un contactémotionnel avec les gens, par exemple untravail dans ledomaine de l’informatique ou de l’ingénierie.
Elle est morte ? Pardon. Quefaisait-elle, finalement ?
Que faisait Athéna finalement ?Athéna a fait un peu de tout, mais, si je devais résumer sa vie, je dirais qu’ellea été une prêtresse qui comprenait les forces de la nature. Ou mieux, quelqu’unqui, du simple fait qu’elle n’avait pas grand-chose à perdre ou à attendre dela vie, a pris beaucoup plus de risques que ne le font les autres, et a finipar devenir les forces qu’elle croyait dominer.
Elle a été employée desupermarché, de banque, elle a vendu des terrains, et dans chacune de cessituations, elle n’a jamais manqué de révéler la prêtresse qu’il y avait enelle. Je l’ai fréquentée pendant huit ans, et je lui devais de reconstituer samémoire, son identité.
Pour recueillir ces dépositions, leplus difficile a été de convaincre mes interlocuteurs de me permettre d’utiliserleurs vrais noms. Les uns affirmaient qu’ils ne voulaient pas être mêlés à cegenre d’histoire, d’autres s’efforçaient de dissimuler leurs opinions et leurssentiments. Je leur ai expliqué que ma véritable intention était de faire ensorte que tous les individus concernés la comprennent mieux, et que personne n’accorderaitfoi à des dépositions anonymes.
Comme chacun des interviewésjugeait qu’il détenait la version définitive du moindre événement, fût-ilinsignifiant, ils ont finalement accepté. Au cours des enregistrements, j’aiconstaté que les choses n’étaient pas absolues, que leur existence dépendait dela perception de chacun. Et, très souvent, le meilleur moyen de savoir qui noussommes est de chercher à savoir comment les autres nous voient.
