© Paulo Coelho, 2006.

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Pour latraduction française :

© ÉditionsFlammarion, 2007

Avant que toutes ces dépositionsne quittent ma table de travail et ne suivent le destin que je leur avais fixé,j’ai pensé en faire un livre traditionnel, dans lequel on raconte une histoirevraie après une recherche exhaustive.

 

J’ai commencé à lire une série debiographies qui auraient pu m’aider à l’écrire, et j’ai compris ceci : l’opinionque l’auteur se fait du personnage principal finit par influencer le résultatdes recherches. Comme mon intention n’était pas précisément de dire ce que jepense, mais de montrer comment l’histoire de la « sorcière de Portobello »avait été vue par ses principaux acteurs, j’ai finalement abandonné l’idée dulivre ; j’ai pensé qu’il valait mieux simplement transcrire ce qui m’avaitété raconté.

 

 

 

Héron Ryan, 44 ans, journaliste

Personne n’allume une lampe pourla cacher derrière la porte : le but de la lumière, c’est d’apporterdavantage de clarté autour de vous, de vous ouvrir les yeux, de vous montrerles merveilles qui vous entourent.

Personne n’offre en sacrifice sonbien le plus précieux : l’amour.

Personne ne confie ses rêves àdes individus destructeurs.

Sauf Athéna.

Très longtemps après sa mort, sonancienne maîtresse m’a demandé de l’accompagner jusqu’à la ville de Prestonpans,en Ecosse. Se prévalant d’une loi féodale qui fut abolie le mois suivant, laville accordait le pardon officiel à quatre-vingt-une personnes exécutées pourpratique de sorcellerie au cours des XVIe et XVIIesiècles – ainsi qu’à leurs chats.



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