
D’après le porte-parole officieldes barons de Prestoungrange et Dolphinstoun, « on avait condamné laplupart sans aucune preuve concrète, en se fondant uniquement sur les témoinsde l’accusation, qui déclaraient sentir la présence d’esprits malins ».
Ce n’est pas la peine de rappelerici tous les excès de l’Inquisition, avec ses chambres de torture et lesflammes de ses bûchers inspirés par la haine et la vengeance. Mais, en chemin, Eddaa répété plusieurs fois qu’il y avait dans ce geste quelque chose qu’elle nepouvait croire : la ville et le quatorzième baron de Prestoungrange etDolphinstoun « accordaient le pardon » à des personnes exécutéesbrutalement.
« Nous sommes au XXIe siècle, et les descendants desvrais criminels, ceux qui ont tué des innocents, se jugent encore en droit de"pardonner". Tu le sais bien. Héron. »
Je le savais. Une nouvelle chasseaux sorcières a commencé et gagne du terrain. Cette fois, l’arme n’est plus lefer rouge, mais l’ironie ou la répression. Tous ceux qui se découvrent parhasard un don et osent en parler sont regardés avec méfiance. Et en général, lemari, l’épouse, le père, le fils, qui que ce soit, au lieu d’en être fier, finitpar interdire toute allusion au sujet, de peur d’exposer sa famille au ridicule.
Avant de rencontrer Athéna, jepensais que tous ces phénomènes n’étaient qu’une façon malhonnête d’exploiterle désespoir de l’être humain. Mon voyage en Transylvanie pour le documentairesur les vampires, c’était encore une manière de montrer comment les gens selaissent aisément abuser ; certaines croyances, aussi absurdes qu’ellespuissent paraître, demeurent dans l’imaginaire et sont finalement utilisées pardes gens sans scrupule. Lorsque j’ai visité le château de Dracula, reconstruituniquement pour donner aux touristes la sensation de se trouver dans un lieuextraordinaire, j’ai été approché par un fonctionnaire du gouvernement, qui a
