
— Tu vois pas bien, hein, doryphore ? s’enquit Peter.
Ender voulut retirer le masque. Peter posa le pied contre les parties d’Ender.
— Ne quitte pas le masque ! siffla-t-il.
Ender remit le masque en place, éloigna les mains. Peter augmenta la pression de son pied. La douleur secoua Ender ; il se redressa.
— Sur le dos, doryphore ! On va te vivisecter, doryphore ! On en a enfin pris un vivant et on va voir comment vous fonctionnez !
— Peter, arrête, demanda Ender.
— Peter, arrête. Très bien. Alors, vous, les doryphores, vous pouvez deviner nos noms. Vous pouvez vous faire passer pour des petits garçons pathétiques et malins, pour qu’on vous aime et qu’on soit gentil avec vous. Mais ça ne marche pas. Je te vois tel que tu es vraiment. Ils voulaient que tu sois humain, petit Troisième, mais, en réalité, tu es un doryphore et, à présent, ça se voit.
Il retira son pied, fit un pas, puis s’agenouilla sur Ender, un genou enfoncé dans le ventre d’Ender, juste sous le sternum. Il bascula progressivement son poids sur Ender. Celui-ci eut de plus en plus de mal à respirer.
— Je pourrais te tuer, comme ça, souffla Peter. Il suffirait d’appuyer jusqu’à ce que tu sois mort. Et je pourrais dire que je ne savais pas que cela te ferait mal, que nous étions simplement en train de jouer, et ils me croiraient et tout irait bien. Et tu serais mort. Tout irait bien.
Ender ne pouvait pas parler ; il lui était impossible de respirer. Peter était peut-être sérieux. Sans doute ne l’était-il pas, mais peut-être l’était-il ?
— Je suis sérieux, confirma Peter. Quoi que tu en penses, je suis sérieux. Ils t’ont autorisé parce que j’étais très prometteur, mais que je n’ai pas tenu. Tu as fait mieux. Ils croient que tu es meilleur. Mais je ne veux pas de petit frère meilleur que moi, Ender. Je ne veux pas de Troisième.
