Il dodelina de la tête comme un adulte àqui on ne la fait pas. Il était plus grand que Zoé, mais il restait encore destraces d’enfance sur son visage et ses épaules étroites n’avaient pas encorepris l’ampleur de celles d’un homme.

— Merde ! le voilà ! auxabris ! murmura Paul.

Il referma la porte de la cave sur Zoé etlui. Joséphine vit arriver un homme de grande taille, très bien habillé, quifendait l’air d’une allure de propriétaire comme si les couloirs de la cave luiappartenaient.

— Bonsoir, parvint-elle à déglutir ens’effaçant contre le mur.

— Bonsoir, fit l’homme qui passa àcôté d’elle sans la voir.

Il était vêtu d’un costume de ville grisfoncé et d’une chemise blanche. Le costume épousait chaque muscle d’un torsepuissant, le nœud de cravate brillait, épais, et les manchettes immaculées de lachemise étaient fermées par deux perles grises. Il sortit des clés de sa poche,ouvrit la porte de sa cave et la referma derrière lui.

Paul réapparut quand il fut sûr que l’hommen’était plus là.

— Il a rien dit ?

— Non, répondit Joséphine. Il ne m’amême pas vue, je crois.

— C’est pas un marrant. Il perd passon temps en bavardages.

— C’est ton père qui dit ça ?demanda Joséphine, amusée par le sérieux du garçon.

— Non. C’est maman. Elle connaît toutle monde dans l’immeuble. Il paraît qu’il a une cave vachement bien installée.Avec un atelier et tous les outils possibles ! Et chez lui, il a unaquarium. Très grand, avec des grottes, des plantes, des décors fluorescents,des îles artificielles. Mais pas de poissons dedans !

— Elle en sait des choses, tamaman ! déclara Joséphine, comprenant qu’elle en apprendrait beaucoup surles habitants de l’immeuble en parlant avec Paul.



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