
Joséphine fit une légère grimace.
— Vous ne trouvez pas ?
— Si, si, s’empressa de répondreJoséphine. Mais les allées ne sont pas très éclairées, le soir.
Elle eut soudain les tempes moites etsentit ses genoux trembler.
— C’est un détail. Le quartier estbeau, paisible et nous ne sommes envahis ni par des bandes de jeunesdésagréables, ni par ces graffitis qui défigurent les immeubles. J’aime tant lapierre blonde des immeubles parisiens, je ne supporte pas de la voir dégradée.
Sa voix s’était teintée de colère.
— Et puis il y a des arbres, desfleurs, des pelouses, on entend chanter les oiseaux tôt le matin, parfois onaperçoit un écureuil qui détale, c’est important pour les enfants de rester encontact avec la nature. Tu aimes les animaux ? demanda-t-il à Zoé.
Celle-ci gardait les yeux fixés au sol.Elle devait se souvenir de ce que lui avait dit Paul sur son voisin de cave etgardait ses distances, voulant rester solidaire de son nouveau copain.
— Tu as donné ta langue au chat ?demanda l’homme en se penchant vers elle avec un grand sourire.
Zoé secoua la tête négativement.
— Elle est timide, s’excusa Joséphine.
— Je suis pas timide, protesta Zoé. Jesuis réservée.
— Oh ! s’exclama-t-il. Votrefille a du vocabulaire et le sens de la nuance !
— C’est normal, je suis en troisième.
— Comme mon fils Gaétan… Et tu vas àquelle école ?
— Rue de la Pompe.
— Comme mes enfants.
— Vous en êtes content ? demandaJoséphine qui craignait que le mutisme poli de Zoé ne devienne embarrassant.
— Certains professeurs sontexcellents, d’autres incapables. Il faut alors que les parents comblent lesmanques des enseignants. Je vais à toutes les réunions de parents d’élèves. Jevous y verrai sûrement.
L’ascenseur était arrivé au quatrième et ilsortit, portant son sac blanc avec soin, les bras tendus en avant. Il seretourna, s’inclina et leur fit un grand sourire.
