
— Ainsi vous êtes les nouvellesvenues…
Joséphine approuva.
— Bienvenue dans l’immeuble. Je meprésente : Hervé Lefloc-Pignel. J’habite au quatrième.
— Joséphine Cortès et Zoé, ma fille.Nous habitons au cinquième. J’ai une autre fille, Hortense, qui vit à Londres.
— Je voulais habiter au cinquième,mais l’appartement n’était pas libre quand on s’est installés. Il était occupépar un couple de personnes âgées, monsieur et madame Legrattier. Ils sont mortstous les deux dans un accident de voiture. C’est un bel appartement. Vous avezde la chance.
On peut dire ça comme ça, pensa Joséphine,gênée par le ton expéditif de l’homme pour évoquer le décès des précédentspropriétaires.
— Je l’ai visité quand il a été mis envente, poursuivit-il, mais nous avons hésité à déménager. Aujourd’hui, je leregrette…
Il eut un sourire rapide puis se reprit. Ilétait très grand, austère. Le visage taillé à la serpe, tout en angles, enanfractuosités. Ses cheveux noirs, raides, séparés par une raie nette sur lecôté retombaient en une mèche sur le front, ses yeux bruns étaient très écartés,ses sourcils dessinaient deux larges traits noirs, et son nez, un peu épaté,était cabossé sur le dessus. Ses dents très blanches révélaient un émailimpeccable et les soins d’un excellent dentiste. Il est vraiment immense, sedit Joséphine, essayant de le jauger d’un œil discret, il doit mesurer plusd’un mètre quatre-vingt-dix. Large d’épaules, droit, le ventre plat. Ellel’imagina une raquette de tennis dans les bras, recevant un trophée. Un trèsbel homme. Il tenait un sac en tissu blanc qu’il portait bien à plat sur sespaumes de mains ouvertes.
— On a emménagé en septembre, juste aumoment de la rentrée des classes. Ça a été un peu bousculé, mais maintenant çava.
— Vous verrez, l’immeuble est trèsagréable, les gens plutôt accueillants et le quartier sans problème.
