
– Très juste!
– D’autre part, je lis: «ses amis du C.C.H.». Je parierais qu’il s’agit d’une société locale de chasse
– En vérité, Watson, vous vous surpassez! s’exclama Holmes en repoussant sa chaise et en allumant une cigarette. Je suis obligé de dire que dans tous les récits que vous avez bien voulu consacrer à mes modestes exploits, vous avez constamment sous-estimé vos propres capacités. Vous n’êtes peut-être pas une lumière par vous-même, mais vous êtes un conducteur de lumière. Certaines personnes dépourvues de génie personnel sont quelquefois douées du pouvoir de le stimuler. Mon cher ami, je vous dois beaucoup!»
Jamais il ne m’en avait tant dit! Je conviens que ce langage me causa un vif plaisir. Souvent en effet j’avais éprouvé une sorte d’amertume devant l’indifférence qu’il manifestait à l’égard de mon admiration et de mes efforts pour vulgariser ses méthodes. Par ailleurs je n’étais pas peu fier de me dire que je possédais suffisamment à fond son système pour l’appliquer d’une manière qui avait mérité son approbation. Il me prit la canne des mains et l’observa quelques instants à l’œil nu. Tout à coup, intéressé par un détail, il posa sa cigarette, s’empara d’une loupe, et se rapprocha de la fenêtre.
«Curieux, mais élémentaire! fit-il en revenant s’asseoir sur le canapé qu’il affectionnait. Voyez-vous, Watson, sur cette canne je remarque un ou deux indices: assez pour nous fournir le point de départ de plusieurs déductions.
– Une petite chose m’aurait-elle échappée? demandai-je avec quelque suffisance. J’espère n’avoir rien négligé d’important?
– J’ai peur, mon cher Watson, que la plupart de vos conclusions ne soient erronées. Quand je disais que vous me stimuliez, j’entendais par là, pour être tout à fait franc, qu’en relevant vos erreurs j’étais fréquemment guidé vers la vérité. Non pas que vous vous soyez trompé du tout au tout dans ce cas précis. Il s’agit certainement d’un médecin de campagne. Et d’un grand marcheur.
