
Ayant compris qu’elle ne pourrait pas se rendormir, elle essaya de prier de nouveau et d’évoquer sa grand-mère. Mais une image restait gravée dans sa mémoire : le trou ouvert, le métal jaune souillé de terre, la branche dans sa main, comme si c’était le bâton d’un pèlerin prêt à partir. Elle s’assoupit, rouvrit les yeux plusieurs fois, mais le silence était toujours aussi impressionnant et la même scène se jouait sans cesse dans sa tête.
Dès que filtra à la fenêtre la première lueur de l’aube, elle se leva et sortit.
Les habitants de Bescos avaient l’habitude de se réveiller au point du jour ; pourtant, cette fois, elle les avait devancés. Elle marcha dans la rue déserte, regardant derrière elle à plusieurs reprises pour s’assurer que l’étranger ne la suivait pas, mais sa vue ne portait qu’à quelques mètres à cause du brouillard. Elle s’arrêtait de temps à autre pour surprendre un bruit de pas, mais n’entendait que son cœur qui battait la chamade.
Elle s’enfonça dans la forêt, atteignit l’amas rocheux en forme de Y, avec de nouveau la peur de le voir s’effondrer sur elle, ramassa la branche qu’elle avait laissée là la veille, creusa exactement à l’endroit que l’étranger lui avait indiqué, plongea la main dans le trou pour extraire le lingot. Elle tendit l’oreille : la forêt baignait dans un silence impressionnant, comme si une présence étrange la hantait, effrayant les animaux et figeant les feuillages.
