
Un jour, il lui était passé par la tête que les Celtes, anciens habitants du lieu, avaient caché un trésor fabuleux et qu’elle finirait par le trouver. Bien sûr, de tous ses rêves, c’était le plus absurde, le plus chimérique.
Et voilà que le moment était venu, là, elle tenait dans ses mains le lingot d’or, elle caressait le trésor auquel elle n’avait jamais vraiment cru, sa libération définitive.
Affolée tout à coup : le seul instant de chance de sa vie pouvait s’annuler sur-le-champ. Il suffisait que l’étranger change d’idée, décide de partir pour une ville où il rencontrerait une femme plus disposée à le seconder. Alors mieux valait ne pas hésiter, mais se mettre debout, retourner à sa chambre, boucler sa valise avec le peu qu’elle possédait, partir…
Déjà elle se voyait descendre la rue en pente, faire du stop à la sortie du village, tandis que l’étranger sortait pour sa promenade matinale, découvrait qu’on lui avait volé son or. Elle arrivait à la ville la plus proche – lui revenait à l’hôtel pour appeler la police.
Elle se présentait à un guichet de la gare routière, prenait un billet pour la destination la plus lointaine. Au même instant, deux policiers l’encadreraient, lui demanderaient gentiment d’ouvrir sa valise, mais dès qu’ils verraient son contenu, leur gentillesse s’effacerait, elle était la femme qu’ils cherchaient, à la suite d’une plainte déposée contre elle trois heures plus tôt.
Au commissariat, Chantal devrait choisir : ou bien dire la vérité, à laquelle personne ne croirait, ou bien affirmer simplement qu’elle avait vu le sol retourné, avait décidé de creuser et avait trouvé le lingot.
