
À l’instant même où il perçoit qu’il a obtenu ce qu’il souhaitait, le dieu du temps regrette d’avoir voulu un fils, conscient que l’équilibre des choses est très fragile. Mais il est trop tard. À force de supplications, il obtient cependant que le fils qu’il porte dans son ventre se scinde en deux.
La légende raconte que, de même que de la prière du dieu du temps naît le Bien (Ormuzd), de son repentir naît le Mal (Ahriman) – frères jumeaux.
Préoccupé, il fait en sorte qu’Ormuzd sorte le premier de son ventre, pour maîtriser son frère et éviter qu’Ahriman ne provoque des dégâts dans l’univers. Toutefois, comme le Mal est rusé et habile, il parvient à repousser Ormuzd au moment de l’accouchement et il voit le premier la lumière des étoiles.
Dépité, le dieu du temps décide de fournir des alliés à Ormuzd : il fait naître la race humaine qui luttera avec lui pour dominer Ahriman et empêcher que celui-ci ne s’empare de tout.
Dans la légende persane, la race humaine naît comme l’alliée du Bien et, selon la tradition, elle finira par vaincre. Une autre histoire de la Division, cependant, surgit des siècles et des siècles plus tard, cette fois avec une version opposée : l’homme comme instrument du Mal.
Je pense que la majorité de mes lecteurs sait de quoi je parle : un homme et une femme vivent dans le jardin du paradis, savourant toutes les délices qu’on puisse imaginer. Une seule chose leur est interdite – le couple ne peut pas connaître ce que signifient Bien et Mal. Le Seigneur tout-puissant dit (Genèse, 2,17) : « De l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu ne mangeras pas. »
Et un beau jour surgit le serpent qui leur garantit que cette connaissance est plus importante que le paradis et qu’ils doivent l’acquérir. La femme refuse, en disant que Dieu l’a menacée de mort, mais le serpent l’assure que rien de tel ne lui arrivera, bien au contraire : le jour où leurs yeux s’ouvriront, ils seront comme des dieux qui connaissent le bien et le mal.
