Convaincue, Ève mange le fruit défendu et en donne un morceau à Adam. À partir de ce moment, l’équilibre originel du paradis est rompu et le couple est chassé et maudit. Mais Dieu alors prononce une phrase énigmatique : « Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous, pour connaître le bien et le mal ! »

Dans ce cas également (comme dans celui du dieu du temps qui prie pour demander quelque chose alors qu’il est le seigneur absolu), la Bible n’explique pas à qui Dieu s’adresse, ni – s’il est unique – pourquoi il dit « l’un de nous ».

Quoi qu’il en soit, depuis ses origines la race humaine est condamnée à se mouvoir dans l’éternelle Division entre les deux opposés. Et nous nous retrouvons ici et maintenant avec les mêmes doutes que nos ancêtres. Ce livre a pour objectif d’aborder ce thème en utilisant, à certains moments de son intrigue, des légendes qui l’illustrent.

Avec Le Démon et mademoiselle Prym, je conclus la trilogie « Et le septième jour… », dont font partie Sur le bord de la rivière Piedra, je me suis assise et j’ai pleuré (1995) et Veronika décide de mourir (2000). Ces trois livres évoquent ce qui arrive en une semaine à des personnes ordinaires, soudain confrontées à l’amour, à la mort et au pouvoir. J’ai toujours cru que les profonds changements, tant chez l’être humain que dans la société, s’opèrent dans des laps de temps très courts. C’est au moment où nous nous y attendons le moins que la vie nous propose un défi destiné à tester notre courage et notre volonté de changement ; alors, il est inutile de feindre que rien n’arrive ou de se défiler en disant que nous ne sommes pas encore prêts.

Le défi n’attend pas. La vie ne regarde pas en arrière. Une semaine, c’est une fraction de temps plus que suffisante pour savoir si nous acceptons ou non notre destin.

Buenos Aires, août 2000



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