
« Mais, en bon citoyen habitué à obéir aux lois et à se sentir protégé par elles, avant d’aller à la cabine, la première chose que j’ai faite, ç’a été d’appeler la police. Dans la minute qui a suivi, je n’étais déjà plus maître de mes décisions, je m’étais changé en une personne incapable de protéger sa famille, tout un réseau se mettait en batterie pour agir à ma place. Des techniciens s’étaient déjà branchés sur le câble souterrain de la cabine pour détecter le lieu exact d’où viendrait l’appel. Des hélicoptères s’apprêtaient à décoller, des voitures de police occupaient des lieux stratégiques, des troupes de choc étaient prêtes à intervenir.
« Deux gouvernements, immédiatement au courant, se sont contactés et accordés pour interdire toute négociation. Tout ce que je devais faire, c’était obéir aux ordres des autorités, donner aux ravisseurs les réponses qu’elles me dicteraient, me comporter en tous points comme me le demanderaient les spécialistes de la lutte antiterroriste.
« Avant même que la journée ne s’achève, un commando a donné l’assaut au repaire où étaient détenus les otages et criblé de balles les ravisseurs – deux hommes et une jeune femme, apparemment peu expérimentés, de simples comparses d’une puissante organisation politique. Mais, avant de mourir, ceux-ci avaient eu le temps d’exécuter ma femme et mes filles. Si même Dieu a un enfer, qui est Son amour de l’humanité, tout homme a un enfer à portée de la main et c’est l’amour qu’il voue à sa famille.
