
— Vous l’exécrez décidément, ce lord Stark, dit-elle.
— Il m’a dépouillé de tout ce que j’aimais, et pourquoi, je vous prie ? Pour une poignée de braconniers pouilleux ! le prix de son précieux honneur… ! » Son amertume disait assez qu’il n’était toujours pas remis de ses pertes. Il changea promptement de sujet. « Tenez, reprit-il, l’index tendu, là-bas. Vaes Dothrak. La cité des seigneurs du cheval. »
Toujours flanqué de ses sang-coureurs, Khal Drogo leur fît traverser le grand bazar du marché de l’Ouest puis emprunter d’immenses avenues. Tout écarquillée qu’elle était par la bizarrerie du spectacle environnant, Daenerys ne se laissait pas distancer. Vaes Dothrak était tout à la fois la plus vaste et la plus minuscule cité qu’elle eût jamais vue. Dix fois plus étendue, semblait-il, que Pentos, mais dépourvue de remparts comme de limites, elle avait l’air d’un simple prolongement du désert, avec ses larges rues ventées que se partageaient la poussière et l’herbe et qu’émaillaient les fleurs des champs. Autant, dans les cités libres, tours, hôtels particuliers, taudis, ponts, boutiques, édifices publics se pressaient, chevauchaient, mêlaient, autant l’antique Vaes Dothrak se prélassait langoureusement au soleil, lumineuse, arrogante et vide.
Jusqu’aux bâtiments qui étaient d’une étrangeté… ! Ici s’élevaient des pavillons de pierre ciselée, là des manoirs d’herbe aussi gigantesques que des châteaux, là des tours de bois rachitiques, ailleurs, tapissées de marbre, des pyramides à degrés, plus loin la charpente d’énormes halles ouvertes sur le ciel. « Il n’y en a pas deux de semblables…, dit-elle.
