
#longdash##nbsp#Mais c’est ce que font les rats#nbsp#! rappela Maurice.
#longdash##nbsp#Seulement, on pense qu’on ne devrait pas, dit Pistou. On devrait faire notre propre chemin dans le monde#nbsp#!
#longdash##nbsp#Oh là là, oh là là, oh là là, se lamenta Maurice en secouant la tête. Cap sur l’île, hein#nbsp#? Le royaume des rats#nbsp#! Ne vous figurez pas que je me moque de votre rêve, s’empressa-t-il d’ajouter. Tout le monde a besoin de petits rêves.#nbsp#» Maurice y croyait aussi sincèrement. Quand on savait ce qu’autrui désirait vraiment, on en faisait à peu près ce qu’on voulait.
Il se demandait parfois ce que désirait le gamin à l’air bête. Rien, autant qu’il pouvait en juger, sauf qu’on lui fiche la paix et qu’on le laisse jouer de sa flûte. Mais… ben, c’était comme cette histoire de noix de coco. Régulièrement il sortait un truc qui laissait supposer qu’il avait tout écouté. De tels éléments sont durs à manipuler.
Mais les chats s’y entendent pour manipuler le monde. Un miaou par-ci, un ronron par-là, une légère pression de griffe… et Maurice n’avait encore jamais eu besoin de réfléchir à ça. Les chats n’ont pas besoin de réfléchir.
Seulement de savoir ce qu’ils veulent. C’est à l’homme de réfléchir. Il est là pour ça.
Maurice songea au bon vieux temps avant que son cerveau se mette à fulgurer comme un feu d’artifice. Il s’amenait à la porte des cuisines de l’Université, prenait son air câlin, et les cuisiniers tâchaient de deviner ce qu’il voulait. C’était incroyable#nbsp#! Ils lui demandaient par exemple#nbsp#: «#nbsp#Il veut un bol de lait, le minou#nbsp#? Il veut un biscuit#nbsp#? Il veut ces bons restes, le minou#nbsp#?#nbsp#» Et Maurice n’avait rien d’autre à faire qu’attendre patiemment une parole qu’il reconnaissait, comme «#nbsp#cuisses de dinde#nbsp#» ou «#nbsp#agneau haché#nbsp#».
Mais il était sûr de n’avoir jamais rien mangé de magique. Des abattis de poulet magiques, ça n’existait pas, tout de même#nbsp#?
