
Chapitre 2

C’était ça le plan.
Et c’était un bon plan. Même les rats, même Pêches devaient reconnaître qu’il avait donné des résultats.
Tout le monde connaissait les invasions de rats. Des histoires fameuses couraient sur les joueurs de flûte qui gagnaient leur vie en passant d’une localité à l’autre pour leur proposer de les débarrasser des parasites. Bien entendu, il n’y avait pas que des invasions de rats#nbsp#: parfois on était infesté de joueurs d’accordéon, de briques attachées ensemble avec de la ficelle ou de poisson… mais c’étaient les invasions de rats que tout le monde connaissait.
Et ça se réduisait à ça, en réalité. On n’avait pas besoin de beaucoup de rats pour une invasion, surtout s’ils connaissaient leur affaire. Un unique rat qui surgissait ici et là, couinait à plein gosier, prenait son bain dans la crème fraîche et pissait par terre produisait une invasion à lui tout seul.
Au bout de plusieurs jours de ce traitement, c’était ahurissant comme les habitants étaient contents de voir le gamin à l’air bête s’amener avec son pipeau magique contre les rats. Et ils étaient ahuris quand les rongeurs jaillissaient à flots de tous les trous pour le suivre hors de la ville. Tellement ahuris qu’ils ne se posaient pas de questions en ne voyant qu’une centaine de rats.
Ils auraient été vraiment ahuris s’ils avaient découvert que les rats et le flûtiste se retrouvaient avec un chat quelque part dans les buissons à l’extérieur du village pour compter solennellement l’argent.

Bad Igoince s’éveillait quand Maurice entra avec le gamin. Nul ne les inquiéta, même si on s’intéressait beaucoup à Maurice. Ça ne le gênait pas. Il se savait intéressant. Les chats se déplacent de toute façon comme en terrain conquis, et le monde abonde assez en gamins à l’air bête pour qu’on ne fonce pas en voir un nouveau.
