Au début de l'après-midi, quand le sergent Daw fut revenu, je me rendis à mes bureaux de Jermyn Street et fis envoyer vêtements, livres et papiers dont j'étais susceptible d'avoir besoin dans les prochains jours. Puis, j'allai accomplir mes fonctions juridiques.


Ce jour-là, la Cour siégea jusqu'à une heure avancée car une affaire importante se terminait; il était six heures tapant quand je m'arrêtai devant la porte de Kensington Palace Road. Je vis qu'on m'avait installé dans une grande chambre voisine de celle du malade.


Ce soir-là, le docteur nous dit:


– Je suis réellement et absolument incapable de trouver aucune raison valable à cet état de stupeur. J'ai procédé à un examen aussi complet que je suis capable de le faire; et j'ai la certitude qu'il n'y a aucune blessure du cerveau, c'est-à-dire externe. À dire vrai, tous les organes vitaux paraissent intacts. J'ai fait prendre, comme vous le savez, des aliments au malade à plusieurs reprises, et cela lui a manifestement fait du bien. Sa respiration est forte et régulière, son pouls est plus lent et plus vigoureux que ce matin. Je ne peux trouver la trace d'aucune drogue connue, et cet état d'inconscience ne ressemble à aucun des nombreux cas de sommeil hypnotique que j'ai pu observer à l'hôpital Charcot, de Paris. Quant à ces blessures – tout en parlant, il posait doucement le doigt sur le poignet bandé qui reposait sur la couverture -, je ne sais qu'en penser. Elles auraient pu être faites par une machine à carder; mais cette supposition est insoutenable. C'est dans le domaine du possible qu'elles aient été faites par un animal sauvage qui aurait voulu se faire les griffes. D'après ce qu'on me dit, cela est également impossible. À propos, avez-vous ici dans la maison des animaux de compagnie un peu étranges; quelque chose d'exceptionnel, comme un chat-tigre ou quelque chose de peu commun?



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