
Pour se donner de l’inspiration, il alluma une cigarette de marijuana du meilleur mélange Land-O-Smiles.
Dans sa chambre de Hayes Street, Frank Frink était couché et se demandait comment il allait pouvoir se lever. Le soleil filtrait au travers de la jalousie et éclairait le tas de vêtements tombés sur le sol. Et ses lunettes aussi. Allait-il sauter dessus ? Essayer de gagner la salle de bains par un autre chemin, se dit-il. Ramper ou rouler sur lui-même. Il avait mal à la tête mais il ne se sentait pas triste. Ne jamais regarder en arrière, décida-t-il. L’heure ? La pendule sur la commode. 11 heures et demie ! Bon sang ! Mais il restait toujours couché.
Je suis vidé, se dit-il.
Hier, à l’usine, il avait commis un impair. Il s’était laissé aller à parler comme il ne fallait pas à Mr Wyndam-Matson, qui avait un visage renfermé, un nez dans le genre Socrate, une bague ornée d’un brillant, une braguette munie d’une fermeture Éclair en or. En d’autres termes, une puissance. Un monarque. Les pensées de Frink se dispersaient dans tous les sens.
C’est cela, se dit-il, ils vont me mettre sur la liste noire ; mon habileté ne sert à rien – je n’ai pas d’emploi. Quinze années d’expériences. Fini.
