
Les chevaux hurlèrent, arrachèrent du sol les piquets qui les retenaient, et se ruèrent, emballés, sur les gens qui couraient.
Glurk vit un autre chariot renversé et, soudain, au-dessus de lui, se dressa une snargue portant un collier luisant. Un rugissement, un choc, et… les ténèbres engloutirent son bras pour tomber comme la nuit sur son esprit.
Les feux de camp guidaient le trio qui menait ses montures le long du sentier caché.
— Nous devrions nous diriger vers l’intérieur de l’Empire, disait Forficule. Les créatures n’y seront pas…
Il s’arrêta. Fléau tira son épée. Il mit pied à terre en silence et s’avança prudemment. De sa main libre, il indiqua à Forficule qu’il devait continuer à parler.
— En plus, bien sûr, Uzure est très agréable à cette époque de l’année, se hâta de poursuivre Forficule. On y trouve une foule de petites rues et de sites hist…
— Tu connais Fléau depuis longtemps ? demanda Snibril en observant l’étranger qui ouvrait la voie avec vigilance.
— C’est un vieil ami.
— Mais qui est…
Fléau fit un pas en avant, puis se retourna brusquement et son épée s’abattit en sifflant dans les ombres qui bordaient le sentier. On entendit un grognement, et un corps s’écroula sans bruit en travers du chemin, une grossière épée noire lui tombant des mains.
Snibril eut un hoquet et recula. La silhouette portait une armure de cuir noir, ornée d’anneaux d’os. Au premier coup d’œil, la forme était humaine, mais quand Snibril s’approcha, il distingua sa fourrure et ses pattes velues, et un long museau de bête.
— Des moizes, déclara Fléau. Je flaire leur présence.
— Il faut nous dépêcher ! intervint Forficule. Ils ne se déplacent jamais seuls !
— Mais on dirait un humain ! déclara Snibril. Je croyais que les régions non balayées n’étaient peuplées que de monstres et de bêtes fauves.
