Les feux du repas montèrent vite dans l’enceinte. Glurk escalada son chariot et observa la piste derrière eux. Le feu attirait l’attention de… créatures. Pourtant, il n’y avait rien de tel pour ragaillardir les cœurs, et un repas chaud opérait des miracles sur le courage. Il y avait des snargues par là ? Eh bien, ils pouvaient se charger de quelques snargues. Ces sales froussardes leur avaient toujours rôdé autour. Elles avaient juste assez de cervelle pour savoir qu’on ne doit pas attaquer un village. Elles préféraient s’en prendre aux voyageurs isolés, si le rapport des forces les favorisait suffisamment. Glurk n’appréciait pas de voir cette nouvelle tournure des choses.

Au bout d’un moment, Glurk descendit du toit et prit son couteau de chasse sous le siège. Taillée dans un fémur de snargue, l’arme valait bien une épée, en cas de besoin. Il la passa à sa ceinture et accepta le bol de soupe que lui tendait son épouse.

La nuit s’avança, les gardes dodelinaient de la tête. En dehors de la zone de lumière, des ombres plus denses progressèrent à pas feutrés entre les poils… et il sembla qu’autour du cercle lumineux s’était constitué un cercle de ténèbres.

Ils attaquèrent au sud du cercle. Un hurlement s’éleva. Puis un chariot tangua. Un garde bondit à terre pour sauver sa vie. C’était Gurth, l’aîné de Glurk.

— Aux armes ! Aux armes ! Tenez bon le cercle ! cria Glurk, qui sauta par-dessus le feu, une lance dans chaque main.

Il en projeta une tout en courant et l’entendit frapper sa cible.

Ce n’étaient pas les snargues dont il avait l’habitude, souffla dans son cerveau une voix qui le glaça. Elles osaient attaquer et elles portaient des hommes sur leur dos ou, du moins, des créatures qui ressemblaient à des hommes, avec des yeux verts et de longs crocs. Glurk hésita un instant, et une flèche lui frôla le bras.



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