Il repousse une nouvelle fois Samson.

Il ne veut pas qu’on lui coupe les cheveux, qu’on lui lieles mains.

Près de lui, l’abbé Edgeworth, son confesseur, lui murmurequelques mots :

« Sire, dans ce nouvel outrage, dit le prêtre, je nevois qu’un dernier trait de ressemblance entre Votre Majesté et le Dieu qui vaêtre sa récompense. »

Louis baisse la tête.

Le corps du roi peut souffrir comme a souffert le corps duChrist.

Louis se soumet.

On noue la corde autour de ses poignets.

Pour les hommes, il n’est plus que Louis Capet que laConvention nationale a déclaré « coupable de conspiration contre laliberté de la nation et d’attentat contre la sûreté générale de l’État ».

Et elle a décrété que « Louis Capet subira la peine demort ».

Louis a tenté de contester ce jugement des hommes.

Le 17 janvier 1793, il a adressé aux sept cent quarante-neufdéputés de la Convention nationale une lettre demandant que le peuple seulpuisse le juger.

« Je dois à mon honneur, a-t-il écrit, je dois à mafamille, de ne point souscrire à un jugement qui m’inculpe d’un crime que je nepuis me reprocher, en conséquence de quoi je déclare que j’interjette appel àla nation elle-même du jugement de ses représentants. »

Mais la Convention a refusé de prendre en compte cetterequête. Et le bourreau Samson pousse Louis Capet, ci-devant roi de France, versl’escalier qui conduit à la guillotine.

Louis trébuche, puis repoussant toute aide il gravit lescinq marches de l’échafaud.

Les tambours battent plus fort, crevant la couche grise etglacée qui recouvre la place.

Louis est sur la plate-forme. Il répète les phrases qu’il adictées le 25 décembre 1792, dernier Noël de sa vie, il le savait, et quicomposent son testament.

« Je laisse mon âme à Dieu, mon créateur, dit-il. Je Leprie de la recevoir dans Sa miséricorde…



3 из 330