
« Je meurs dans l’union de notre Sainte Mère l’Églisecatholique, apostolique et romaine…
« Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés. J’aicherché à les connaître scrupuleusement, à les détester et à m’humilier en Saprésence…
« Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont faitsmes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet…
« Je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux demiséricorde sur ma femme, mes enfants et ma sœur qui souffrent depuis longtempsavec moi…
« Je recommande mes enfants à ma femme. Je n’ai jamaisdouté de sa tendresse maternelle…
« Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’ellesouffre pour moi…
« Je recommande à mon fils, s’il avait le malheur dedevenir roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens,qu’il doit oublier toute haine ou tout ressentiment et nommément tout ce qui arapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve…
« Je pardonne encore très volontiers à ceux qui megardaient les mauvais traitements et les gestes dont ils ont cru devoir userenvers moi…
« Je finis en déclarant devant Dieu, et prêt à paraîtredevant lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi… »
Louis, maintenant, est face à la guillotine et domine lafoule sur laquelle roulent les battements de tambour.
Il se dégage d’un mouvement brusque des mains du bourreau etde ses aides.
Il crie, tourné vers la foule :
« Peuple, je meurs innocent ! Je pardonne auxauteurs de ma mort. Je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombejamais sur la France. »
Samson se saisit de lui, le tire en arrière.
Il dit encore aux bourreaux :
« Messieurs, je suis innocent de ce dont on m’accuse. Jesouhaite que mon sang puisse cimenter le bonheur des Français. »
Samson hésite. Louis se débat. On le pousse. La planchebascule :
« On entend un cri affreux que le couteau étouffa. »Samson prend la tête de Louis par les cheveux, la brandit, la montre au peuple.
