
Mais il en tirait des corollaires aberrants: il fallait se réconcilier avec son ennemi, tendre la joue gauche, etc.
C'est malin! Si l'on se réconcilie avec son ennemi, il cesse d'être son ennemi.
Et s'il n'y aplus d'ennemi, il faut s'en trouver un autre: tout est à recommencer.
Comme quoi ça n'avance à rien.
Donc, il faut aimer son ennemi et ne pas le lui dire. Il ne faut en aucun cas envisager une réconciliation.
L'armistice est un luxe que l'être humain ne peut pas se permettre.
La preuve, c'est que les périodes de paix aboutissent toujours à de nouvelles guerres.
Tandis que les guerres se soldent généralement par des périodes de paix.
Comme quoi la paix est nuisible à l'homme, alors que la guerre lui est bénéfique.
Il faut donc accepter les quelques nuisances de la guerre avec philosophie.
Aucun quotidien, aucune agence de presse, aucune historiographie n'a jamais mentionné la guerre mondiale du ghetto de San Li Tun, qui dura de 1972 à 1975.
C'est ainsi que, dès mon plus jeune âge, j'ai su à quoi m'en tenir quant à la censure et à la désinformation.
Car enfin, peut-on trouver dérisoire un conflit de trois années, auquel prirent part des dizaines de nations, et au cours duquel des atrocités aussi épouvantables furent perpétrées?
Prétexte à ce silence des médias: la moyenne d'âge des combattants avoisinait les dix ans. Les enfants seraient-ils donc étrangers à l'Histoire?
Suite à la conférence internationale de 1972, un mouchard fit part aux adultes de la guerre qui allait commencer.
Les parents comprirent que la tension belliqueuse était trop forte et qu'ils ne pourraient empêcher le conflit imminent.
Cependant, une nouvelle guerre contre les Allemands eût eu des répercussions insoutenables sur les relations avec les Teutons adultes. A Pékin, les pays non communistes devaient se serrer les coudes.
