
— Lis-moi ça, avorton ! Le patron leva la main, mais MacGrown eut le temps d’esquiver le coup. Le télégramme tomba par terre. MacGrown se pencha et le prit. Les lettres sautaient devant ses yeux, et le texte lui parvenait à peine. Les phrases entraient dans son cerveau comme des aiguilles incandescentes.
« …L’enquête a été close hier. La police de Peterstown a établi que les troubles avaient eu pour cause un mécanisme cybernétique portant la marque de l’institut de la Western… » MacGrown se souvint de la foule immense qu’il lui avait fallu contourner le matin sur le chemin de la Western, et de l’explication pressée d’un passant disant que dans le bâtiment de la Bourse des valeurs on avait découvert un chat extraordinaire que toute une escouade de policiers ne parvenaient pas à attraper.
« Ci-joint, le mécanisme susmentionné. Par la même occasion nous vous faisons savoir que demain, à 10 heures, vous êtes tenu de vous présenter devant la commission d’enquête sur les responsables des troubles de Peterstown. »
— Tu me le paieras ! le patron le menaça du poing. Le voilà, ton robot !
Le chef tira d’un sac Minou, passablement fripé, et le jeta à la figure de MacGrown, sans l’atteindre.
Se cognant contre le mur, Minou émit un bref son plaintif.
— Fiche-moi le camp ! hurla le chef au comble de la rage. Disparaissez tous les deux !
* * *
…La nuit du lancement de la fusée, dont le vol était corrigé par Minou, elle dévia de sa trajectoire et, contournant la Lune, revint vers la Terre tel un boomerang. L’éjecteur fonctionna et Minou se retrouva à son point de départ.
L’histoire ne comporte qu’une énigme : pourquoi, dans son premier radiogramme, Minou avait-il omis d’évoquer sa bataille avec les autochtones, la course autour de la table, ses balancements sur l’abat-jour et sa honteuse retraite par la fenêtre ?
Espérons que la commission d’enquête de Peterstown saura répondre à cette question aussi.
