— Venez chez nous, Charlie, proposa le chef. On joue une partie de golf, et puis Linda ne vous a pas vu depuis un bout de temps.


Un matin aussi ensoleillé était rare en cette saison sur la côte atlantique. Malgré l’heure, l’avenue était pleine de vendeurs de journaux.

— Sensationnel ! Un danger mortel pèse sur Plu-ton !

Freinant sa luxueuse Cadillac (le dernier cadeau du chef) MacGrown appela un vendeur, lui lança une pièce de nickel, que l’autre attrapa au vol, et déploya un journal, sentant encore l’encre d’imprimerie. A la une, la manchette annonçait : « Le robot du Dr. Charlie MacGrown câble : Pluton est en danger ! Le taux de radiation de son atmosphère augmente ! La Terre doit venir en aide à Pluton ! »

— Mon futur beau-père gonfle le succès, sourit Charlie en repartant.

Descendu de la Cadillac, il gravit rapidement les marches de granit de la direction de la Western et entra chez la secrétaire du boss. Il aperçut aussitôt une expression inhabituelle sur le visage de Miss Shella. « Elle me boude encore, l’idiote », pensa-t-il.

— Le chef est chez lui ? questionna-t-il, saisissant la poignée de la porte massive qui menait au sanctuaire.

— Non… enfin, c’est-à-dire, oui… Entrez, je vous en prie, Mr. MacGrown, vous êtes déjà attendu.

Haussant les épaules, MacGrown entra et referma la porte derrière lui.

— Bonjour, boss.

— Te voilà, imbécile, crétin, canaille… Les jurons fusaient dans la bouche du patron.

Jamais encore MacGrown ne l’avait vu aussi cramoisi. Le chef fonçait sur lui, sifflant comme un jars. Pâlissant, MacGrown recula vers la porte.



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