De l’autre côté du Tidal Basin, Langdon distingua la silhouetteharmonieuse du Jefferson Mémorial, que certains appelaient le Panthéon desÉtats-Unis. Droit devant se dressait le profil austère du Lincoln Mémorial,dont les lignes orthogonales rappelaient le Parthénon grec. Mais c’est enregardant plus loin encore que Langdon repéra la pièce maîtresse de la ville,la flèche qu’il avait aperçue depuis les airs. Son inspiration architecturaleremontait bien plus loin que les Romains ou les Grecs.

L’obélisque égyptien de l’Amérique !

Éclairé sur toute sa hauteur, le Washington Monument s’élevaitdans le ciel nocturne tel le mât d’un voilier magistral. Du point de vueoblique de Langdon, l’obélisque paraissait déséquilibré, tanguant sur le fondnuageux comme s’il flottait sur une mer déchaînée. Langdon lui-même se sentaitencore un peu déséquilibré – cette visite à Washington étaittotalement imprévue.

Je me suis réveillé avec l’intention de passer un dimanchetranquille à la maison... et me voilà bientôt au Capitole !

À 4 h 45 ce matin-là, il avait plongé dans la piscine déserted’Harvard, entamant la journée comme à son habitude par une cinquantaine delongueurs. Il ne possédait plus le physique de ses années d’université, quandil comptait parmi les meilleurs joueurs de water-polo du pays, mais il avait surester mince et relativement musclé pour un homme de quarante-six ans ; laseule différence par rapport à sa jeunesse, c’était la quantité d’efforts qu’ildevait fournir.

De retour chez lui vers 6 heures, il avait commencé son rituelmatinal qui consistait à moudre du café de Sumatra à la main, savourant l’arômeexotique qui emplissait alors sa cuisine. Cependant, le témoin rouge quiclignotait sur son répondeur avait très vite attiré son attention.



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