
A peine achevait-il ces mots que Jon apparut au sommet de la colline qui leur faisait face et, tout en gesticulant à leur adresse, cria : « Père ! Bran ! venez…, venez vite voir ce qu’a découvert Robb ! » avant de disparaître à nouveau.
« Quelque chose qui ne va pas, messire ? s’inquiéta Jory en les rejoignant.
— Sans l’ombre d’un doute. Allons donc nous rendre compte du guêpier qu’auront déniché mes fils », dit-il en adoptant le trot, Bran et tous les autres sur ses talons.
Une fois en vue du pont, ils aperçurent Jon, encore à cheval, sur la rive droite. A ses côtés se dressait Robb. Tombée en abondance au dernier changement de lune, la neige lui montait au genou. Et comme il avait repoussé son capuchon, le soleil faisait flamboyer ses cheveux. Enfin, la chose qu’il berçait dans ses bras lui arrachait comme à son frère des exclamations étouffées.
Les cavaliers, cependant, frayaient prudemment leur route à travers les vasières invisibles qui les forçaient à tâtonner en quête de terre ferme. Escorté de Jory Cassel, Theon Greyjoy abordait le premier les garçons, la bouche fleurie de rires et de blagues, quand Bran l’entendit brusquement souffler : « Bons dieux ! » puis le vit réprimer une embardée de sa monture et porter la main à son épée.
Jory avait déjà dégainé, lui. « Laissez ça, Robb ! » cria-t-il, tandis que son cheval se cabrait.
L’œil pétillant de malice, Robb se détourna de la chose qui reposait au creux de ses bras : « N’aie crainte, Jory, elle est morte. »
Dévoré de curiosité, Bran aurait volontiers éperonné son poney pour savoir plus vite, mais Père lui ordonna de démonter près du pont et de poursuivre à pied. D’un bond, il fut à terre et se mit à courir.
