– Chut! dit Aramis, nous ne sommes déjà plus seuls, et j'entends des étrangers qui montent.


– Eh bien! congédiez-les.


– Impossible; je leur avais donné rendez-vous hier: c'est le principal du collège des jésuites et le supérieur des dominicains.


– Votre état-major, soit.


– Qu'allez-vous faire?


– Je vais aller réveiller Porthos et attendre dans sa compagnie que vous ayez fini vos conférences.


Aramis ne bougea point, ne sourcilla point, ne précipita ni son geste ni sa parole.


– Allez, dit-il.


D'Artagnan s'avança vers la porte.


– À propos, vous savez où loge Porthos?


– Non; mais je vais m'en informer.


– Prenez le corridor, et ouvrez la deuxième porte à gauche.


– Merci! au revoir.


Et d'Artagnan s'éloigna dans la direction indiquée par Aramis.


Dix minutes ne s'étaient point écoulées qu'il revint. Il trouva Aramis assis entre le principal du collège des jésuites et le supérieur des dominicains et le principal du collège des jésuites, exactement dans la même situation où il l'avait retrouvé autrefois dans l'auberge de Crèvecœur.


Cette compagnie n'effraya pas le mousquetaire.


– Qu'est-ce? dit tranquillement Aramis. Vous avez quelque chose à me dire, ce me semble, cher ami?


– C'est, répondit d'Artagnan en regardant Aramis, c'est que Porthos n'est pas chez lui.


– Tiens! fit Aramis avec calme; vous êtes sûr?


– Pardieu! je viens de sa chambre.


– Où peut-il être alors?


– Je vous le demande.


– Et vous ne vous en êtes pas informé?


– Si fait.


– Et que vous a-t-on répondu?


– Que Porthos sortant souvent le matin sans rien dire à personne, était probablement sorti.


– Qu'avez-vous fait alors?



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