– Saint-Aignan, je ne vois pas comme vous.


– Le roi doit voir mieux que moi.


– Eh bien! je vois dans ces lignes: de la douleur, de la contrainte, et maintenant surtout que je me rappelle certaines particularités de la scène qui s’est passée ce soir chez Madame… Enfin…


Le roi s’arrêta sur ce sens suspendu.


– Enfin, reprit Saint-Aignan, Votre Majesté va donner audience, voilà ce qu’il y a de plus clair dans tout cela.


– Je ferai mieux, Saint-Aignan.


– Que ferez-vous, Sire?


– Prends ton manteau.


– Mais, Sire…


– Tu sais où est la chambre des filles de Madame?


– Certes.


– Tu sais un moyen d’y pénétrer?


– Oh! quant à cela, non.


– Mais enfin tu dois connaître quelqu’un par là?


– En vérité, Votre Majesté est la source de toute bonne idée.


– Tu connais quelqu’un?


– Oui.


– Qui connais-tu? Voyons.


– Je connais certain garçon qui est au mieux avec certaine fille.


– D’honneur?


– Oui, d’honneur, Sire.


– Avec Tonnay-Charente? demanda Louis en riant.


– Non, malheureusement; avec Montalais.


– Il s’appelle?


– Malicorne.


– Bon! Et tu peux compter sur lui?


– Je le crois, Sire. Il doit bien avoir quelque clef… Et s’il en a une, comme je lui ai rendu service… il m’en fera part.


– C’est au mieux. Partons!


– Je suis aux ordres de Votre Majesté.


Le roi jeta son propre manteau sur les épaules de Saint-Aignan et lui demanda le sien. Puis tous deux gagnèrent le vestibule.

Chapitre CXXXIII – Ce que n'avaient prévu ni naïade ni dryade

De Saint-Aignan s’arrêta au pied de l’escalier qui conduisait aux entresols chez les filles d’honneur, au premier chez Madame. De là, par un valet qui passait, il fit prévenir Malicorne, qui était encore chez Monsieur.



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