
Au bout de dix minutes, Malicorne arriva le nez au vent et flairant dans l’ombre.
Le roi se recula, gagnant la partie la plus obscure du vestibule.
Au contraire, de Saint-Aignan s’avança.
Mais, aux premiers mots par lesquels il formula son désir, Malicorne recula tout net.
– Oh! oh! dit-il, vous me demandez à être introduit dans les chambres des filles d’honneur?
– Oui.
– Vous comprenez que je ne puis faire une pareille chose sans savoir dans quel but vous la désirez.
– Malheureusement, cher monsieur Malicorne, il m’est impossible de donner aucune explication; il faut donc que vous vous fiiez à moi comme un ami qui vous a tiré d’embarras hier et qui vous prie de l’en tirer aujourd’hui.
– Mais moi, monsieur, je vous disais ce que je voulais; ce que je voulais, c’était ne point coucher à la belle étoile, et tout honnête homme peut avouer un pareil désir; tandis que vous, vous n’avouez rien.
– Croyez, mon cher monsieur Malicorne, insista de Saint-Aignan, que, s’il m’était permis de m’expliquer, je m’expliquerais.
– Alors, mon cher monsieur, impossible que je vous permette d’entrer chez Mlle de Montalais.
– Pourquoi?
– Vous le savez mieux que personne, puisque vous m’avez pris sur un mur, faisant la cour à Mlle de Montalais; or, ce serait complaisant à moi, vous en conviendrez, lui faisant la cour, de vous ouvrir la porte de sa chambre.
– Eh! qui vous dit que ce soit pour elle que je vous demande la clef?
– Pour qui donc alors?
– Elle ne loge pas seule, ce me semble?
– Non, sans doute.
– Elle loge avec Mlle de La Vallière?
