
Ce que voyant, le roi prit la main de La Vallière et l’entraîna dans une allée latérale, où cette fois personne n’osa le suivre.
Chapitre CXXXVI – La pluie
En ce moment, dans la direction même que venaient de prendre le roi et La Vallière seulement, marchant sous bois au lieu de suivre l’allée, deux hommes avançaient fort insoucieux de l’état du ciel.
Ils tenaient leurs têtes inclinées comme des gens qui pensent à de graves intérêts.
Ils n’avaient vu ni de Guiche, ni Madame, ni le roi, ni La Vallière.
Tout à coup quelque chose passa dans l’air comme une bouffée de flammes suivies d’un grondement sourd et lointain.
– Ah! dit l’un des deux en relevant la tête, voici l’orage. Regagnons-nous les carrosses, mon cher d’Herblay?
Aramis leva les yeux en l’air et interrogea le temps.
– Oh! dit-il, rien ne presse encore.
Puis, reprenant la conversation où il l’avait sans doute laissée:
– Vous dites donc que la lettre que nous avons écrite hier au soir doit être à cette heure parvenue à destination?
– Je dis qu’elle l’est certainement.
– Par qui l’avez-vous fait remettre?
– Par mon grison, ainsi que j’ai eu l’honneur de vous le dire.
– A-t-il rapporté la réponse?
– Je ne l’ai pas revu; sans doute la petite était à son service près de Madame ou s’habillait chez elle, elle l’aura fait attendre. L’heure de partir est venue et nous sommes partis. Je ne puis, en conséquence, savoir ce qui s’est passé là-bas.
– Vous avez vu le roi avant le départ?
– Oui.
– Comment l’avez-vous trouvé?
– Parfait ou infâme, selon qu’il aurait été vrai ou hypocrite.
